28.08.2018

Le référendum sur l’avortement: Comment les Irlandais ont été trompés

La fausse couverture médiatique sur la mort d’une femme enceinte en 2012 a eu une influence décisive sur le résultat du référendum sur l’avortement qui a eu lieu en Irlande le 25 mai 2018. Tel est l’avis de Niamh Ui Bhriain, une personne pro-vie engagée. L’Irlande a rayé l’interdiction de l’avortement de sa constitution par ce référendum. Ui Bhriain a donné une interview le 6 août 2018 à la revue en ligne Crux. Les médias auraient réussi de convaincre les électeurs de l’avis erroné que le huitième amendement de la constitution pourrait être mortel pour des femmes. Cet amendement a protégé, jusqu’à maintenant, le droit à la vie des enfants non encore nés. Cet argument aurait souvent été mentionné comme argument décisif lors d’enquêtes à la sortie des urnes.

Beaucoup d’électeurs avaient alors changé d’avis au sujet de l’avortement dans le contexte de la couverture médiatique sur la mort tragique de Savita Halappanavar. La dentiste issue d’une famille indienne était décédée en octobre 2012 au cours de la 17e semaine de la grossesse à cause d’une septicémie. Cette septicémie n’avait pas été détectée à temps à cause de fautes médicales et organisatrices dans l’hôpital Galway. Selon Ui Bhriain, les médias auraient quasi unanimement répandu la fausse nouvelle que Halappanavar était décédée à cause du huitième amendement de la constitution et du refus de l’avortement. Sans cette vague d’une fausse nouvelle, les médias n’auraient, selon Ui Bhriain, pas réussi à mener un revirement de tendance en faveur de l’avortement. Ui Bhriain fait remarquer qu’une recherche sur le site internet de RTE, la chaîne de télévision et de radio publique de la république d’Irlande, avec la combinaison des mots « Savita, avortement » donne 19'800 résultats pendant que la combinaison « Savita, septicémie » ne donne que 66 résultat.

Il faut encore noter que la législation irlandaise n’avait pas exclu, même avant le référendum, un avortement si les médecins estimaient que la continuation de la grossesse mettrait la vie de la femme en danger. Un tel risque par la grossesse avait été nié à juste titre dans le cas Halappanavar.